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Le chapeau conique des Vietnamiens

En vietnamien, mũ signifie le chapeau. Mais un chapeau qui se plaquerait sur les cheveux, alors que nòn signifie aussi chapeau, mais un chapeau qui ne colle pas aux cheveux. Les origines de ce couvre-chef emblématique sont légendaires, comme souvent au Vietnam où contes, légendes et réalité sont intimement liés.

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1- Des origines légendaires

tien-dung_dong-tuIl existe au moins deux légendes rapportant les origines du nòn, qui font remonter son apparition il y a plus de 3 000 ans. L’une met en scène un génie du nom de Giong, garçonnet inerte qui s’est subitement mis à grandir à l'âge de 3 ans pour soudainement devenir un géant. Enfourchant un cheval cuirassé de fer et crachant le feu, il a chassé du Pays les hordes venues du Nord. On raconte qu’il portait une armure et un chapeau conique en fer.

L’autre légende raconte l’histoire de la ravissante princesse Tien Dung qui amarre son embarcation à une berge déserte, dans l’idée de prendre un bain dans le fleuve, à l’abri de paravents. Lors de ses ablutions, l’eau coule sur le sable, découvrant… un homme en costume de naissance. Il faut dire que le malheureux fut bien plus troublé qu’elle qui – avec aplomb - s'empresse de le bombarder de questions. Elle apprend ainsi que Chu Dong Tu, pêcheur de son état et orphelin, a été pris de panique en voyant le bateau arriver. Il a tenté de se cacher comme il pouvait, oubliant qu’il était dans le plus simple appareil. Elle apprend aussi que sa nudité venait de ce qu’il était tellement pauvre, qu’à l’enterrement de son père, il utilisa le seul linceul qu’il pouvait avoir : son propre pagne.

Emue aux larmes et persuadée que les dieux avaient mêlé leurs destins, elle décide d’unir leurs vies. Ils vécurent ainsi heureux en faisant le bien et en pratiquant les enseignements du Bouddha. Un jour, Chu Dong Tu prit le large et se vit offrir par une divinité un bâton et un chapeau conique magiques qui avaient la vertu de mettre la population à l’abri des sécheresses et des épidémies.
Au fil du temps, la légende du couple Dong Tu et Tien Dung s’est transmise de génération en génération, devenant l’une des plus belles histoires d’amour du folklore vietnamien. Le couple est toujours fêté dans la province de Hung Yen, au bord du fleuve Rouge, là où ils se seraient rencontrés il y a 2300 ans.
Il existe une variante « osée » à cette belle légende : elle nous donne à voir notre couple d’amoureux surpris en pleine nuit dans un lieu désert. Chu Dong Tu plante un bâton magique dans le sol et le coiffe d’un chapeau de feuilles tout aussi magique. Un palais d’émeraude émerge aussitôt pour héberger le couple avec une royale pudeur.

Le chapeau conique est également très présent dans le culte des Déesses Mères (Tho Mâu) : dans les temples, les autels sont coiffés de chapeaux coniques multicolores, faisant office d'ex-voto en remerciement pour un vœu exaucé.

Si aujourd’hui le nón lá est porté principalement par les femmes, il fut un temps où il était réservé aux hommes et notamment aux soldats. L’empereur Khai Dinh avait l’habitude d’en porter un, laqué et couvert de pièces métalliques.

2- Une longue histoire

ao-dai_non-laSelon les historiens, le chapeau conique remonterait à l’époque du Bronze, au premier millénaire avant Jésus Christ, soit il y a près de 3000 ans. Ils en veulent pour preuve les dessins gravés sur les flancs et le plateau du fameux tambour de bronze de Ngoc Lu (Il est exposé au musée d’histoire vietnamienne de Hanoi, si vous désirez le voir). Les chapeaux coniques apparaissent aussi sur les jarres de bronze de Dao Thinh. Les chercheurs pensent que le nòn avait valeur d’objet rituel dans des invocations a la pluie, plutôt que protection contre les intempéries.

Les vieilles photos des débuts du siècle dernier montrent des Tonkinoises coiffées d’un immense (pratiquement 80 cm de diamètre) chapeau plat – appelé non quai thao – pendant que les hommes se coiffaient du chapeau conique. Aujourd’hui, le non quai thao ne se voit plus que dans les spectacles folkloriques et le nòn lá se voit sur toutes les têtes. Pour la petite histoire, sachez que le chapeau différait selon celui qui le coiffait : il y avait le chapeau pour les brus, pour les bonzes, celui pour les deuils, celui des mandarins, des soldats… Une coutume qui tend à se perdre.

3- Une fabrication minutieuse aux méthodes ancestrales

fabrication_non-laSi la confection d’un nòn lá n’est pas compliquée en soi, chaque étape demande minutie, attention et savoir-faire. Tout le processus est entièrement réalisé à la main, essentiellement à Hue et dans les villages de métiers alentours. Le village de Chuong en banlieue Ouest de Hanoi a quant à lui, une réputation nationale.

Le nòn lá est habituellement constitué de feuilles de latanier lá (palmier) mais certains peuvent être faits en feuilles très lisses d'ananas. Mais tous sont façonnés selon un processus en deux étapes :

1- il faut choisir des feuilles de latanier ni trop jeunes ni trop vieilles, les faire sécher et blanchir au soleil ou au feu, puis les repasser. Dans le même temps, on coupe les tiges de bambou qui constitueront l’armature.
2= les feuilles coupées sont cousues au moyen de fils de bambou - plus solides que des crins de cheval - sur les baguettes de bambou et les nervures transversales de l’armature. Le montage de cette armature est lui-même réalisé en suivant un patron de structure conique en bois plein. Le chapeau est ensuite enfumé ou verni pour le rendre résistant aux intempéries et aux insectes et enfin, une mentonnière ou jugulaire est mise en place.

La dizaine d’étapes intermédiaires demandera 4 heures pour finaliser la fabrication d’un chapeau conique. C’est d’ailleurs ces étapes, les méthodes de confection et les matières premières qui rendent le nòn lá différent de ses voisins chinois (le lìmào ) et japonais (le sugegasa).

Notez que l’ancienne cité impériale de Hue se démarque avec un Nón bài thơ, une version de fantaisie de nón lá. Les artisans insèrent un poème (bài thơ en vietnamien) ou des motifs décoratifs entre les 2 couches de latanier de façon à n’être visible qu’à contre-jour. Une prouesse artistique et technique qui demande un savoir-faire tout particulier.

4- Le non la aujourd’hui et demain

Supplanté en ville par la casquette (Nettement plus pratique à moto…), le nòn lá se voit se moins en moins dans les grandes villes. Ce n’est pas dire pour autant qu’il reste cantonné aux villages de campagne ! Outre l’intérêt constant du touriste pour cet accessoire emblématique (Quitte à le détourner en version déco), sa présence dans les arts et les représentations théâtrales, il connait de nos jours un regain d’intérêt assez récent. La mode s’en empare à nouveau et le fait défiler pour le plus grand plaisir de tous.


Aujourd’hui, lors d’un circuit au Vietnam, sur les chemins de campagne, vous apercevrez certainement des femmes portant de tels chapeaux travailler dans des rizières ou aller au marché. Même à Hanoi, parmi une foule de gens portant des casques de moto, quelques chapeaux coniques portés par des vendeuses aux palanches venues des environs de la capitale apportent une touche charme émouvante.